Sujet : 17

La douleur : comment la reconnaître, et que faire pour l’atténuer?

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Ce qu’il faut savoir

La gestion efficace de la douleur et des symptômes améliore considérablement la qualité de vie d’une personne souffrante. Votre rôle d’aidants naturels vous aide à reconnaître les signes de douleur et à décrire vos observations à l’infirmière visiteuse ou au médecin. Les aidants naturels disposent d’une panoplie de techniques pour atténuer la douleur de la personne qu’ils aident.

Qu’est‑ce que la douleur?

La douleur est une sensation physique que le système nerveux transmet au cerveau. Comme ce symptôme est très subjectif; il est difficile d’en déceler la cause exacte. Autrement dit, deux personnes peuvent ressentir le même type de douleur, mais y réagir très différemment. Par exemple, un même mal de tête peut forcer une personne à garder le lit, alors qu’une autre personne poursuivra ses activités comme si de rien n’était. Il est donc crucial d’écouter ce que vous dit la personne, car elle est la seule qui connaisse vraiment sa douleur.

Quels facteurs influencent la manière dont une personne réagit à la douleur?

  • Ses antécédents culturels;
  • Son âge;
  • Son genre;
  • L’expérience qu’elle a vécue;
  • Ce que signifie la douleur pour elle;
  • L’inquiétude, la crainte, l’ennui, la solitude, l’anxiété;
  • Son nombre d’heures de repos et de sommeil;
  • Le nombre de récepteurs sensoriels de son cerveau et la manière dont son cerveau traite la douleur.

Quelles douleurs les personnes en fin de vie ressentent-elles?

Les personnes en fin de vie ressentent souvent différents types de douleur :

  1. Une douleur aiguë qui est intense, localisée, vive, mais qui passe rapidement. On peut la comparer à la douleur que les gens ressentent à la suite d’une intervention chirurgicale.
  2. Une douleur chronique persistante, lente et continue, qui ne passe pas rapidement. On peut la comparer à une douleur sourde. Elle provient souvent de l’arthrite ou d’un cancer.
  3. Des accès de douleur. Ce sont des douleurs soudaines qui reviennent juste avant la prochaine dose de médicament ou qui émergent malgré le médicament que la personne vient de prendre.
  4. Une douleur rapportée, que la personne ressent à un endroit autre que celui où elle devrait se manifester; par exemple, une personne en pleine crise cardiaque peut avoir mal à la nuque, dans les épaules et dans le dos.
  5. Une douleur irradiée. Il s’agit d’une douleur aiguë et fulgurante qui rayonne dans une partie du corps; cette douleur est due à une pression sur un nerf ou à un disque endommagé.

On traite les divers types de douleur de manières différentes. Dans votre rôle d’aidants naturels, vous pouvez aider l’infirmière visiteuse et le médecin à traiter les douleurs adéquatement.

Comment reconnaître les différentes douleurs?

Pour reconnaître les différentes douleurs, les aidants naturels doivent observer soigneusement la personne. Plus celle‑ci arrive à la fin de sa vie, moins elle réussit à communiquer; voilà pourquoi il est si important de l’observer.

Signes de douleur aiguë : La personne gémit, fait des grimaces, se cache le visage, protège ou masse l’endroit qui lui fait mal.

Signes de douleur chronique : Cette douleur est plus difficile à observer, car la personne émet peu de signes de détresse autres que de sembler épuisée ou déprimée.

Quelles questions devriez-vous poser?

Dans votre rôle d’aidants naturels, vous pouvez fournir au médecin de première ligne des renseignements exacts sur les douleurs de la personne. Posez‑lui les questions suivantes, et ses réponses vous aideront à expliquer la douleur à son médecin. Il pourra alors ajuster sa médication.

  • As-tu mal?
  • Quand la douleur a‑t‑elle commencé?
  • Où as‑tu mal? À un endroit précis, ou un peu partout?
  • Quel genre de douleur est‑ce? Une douleur aiguë, ou sourde? Constante, ou soudaine? Sur une échelle de 1 à 10, 10 étant la pire que tu aies jamais ressentie, quelle est l’intensité de cette douleur?
  • Qu’est‑ce qui semble la calmer? Qu’est‑ce qui la fait empirer?
  • Cette douleur te donne‑t‑elle la nausée ou des étourdissements?
  • Qu’est‑ce que je pourrais faire pour t’aider?
  • Quels médicaments prends‑tu pour la douleur?

Quels symptômes indiquent que le niveau de douleur change?

Douleur : …fait des grimaces, elle évite de trop bouger.

Fatigue : …se repose plus souvent; son sommeil est perturbé.

Somnolence : …est moins vive d’esprit.

Nausée : …a des haut‑le‑cœur ou vomit.

Appétit : …mange moins.

Souffle court : …fait des efforts pour respirer et semble être en détresse. Attention : le souffle court peut avoir d’autres causes que la douleur.

Dépression : …pleure souvent, semble sans émotion, se retire des conversations, est irritable, se concentre moins, perd la mémoire.

Anxiété : …est agitée, le visage rouge, ne peut pas rester en place, transpire, et son cœur bat plus vite.

Bien-être : L’apparence générale de la personne change.

Comment gérer la douleur

La gestion de la douleur devrait faire partie du plan de soins. Ce plan pourra comprendre certaines des techniques suivantes, ou toutes :

  • Médicaments contenant des opioïdes, ou non;
  • Médicaments sans ordonnance comme l’acétaminophène, des anti-inflammatoires (ils ne sont pas recommandés à long terme pour les personnes âgées ou pour les patients qui prennent des anticoagulants ou dont le sang coagule mal, car ces médicaments peuvent causer des hémorragies);
  • Consultez le médecin sur les médicaments sans ordonnance, car il pourrait avoir prescrit à la personne des médicaments avec lesquels il n’est pas idéal de prendre du Tylenol ou de l’ibuprofène.
  • Distractions;
  • Techniques de relaxation comme de la respiration profonde ou des exercices doux;
  • Imagerie, visualisation, méditation;
  • Stimulation cutanée par le massage, thérapie par le toucher, bains chauds, glace;
  • Chimiothérapie ou radiation pour réduire la tumeur qui produit la douleur;
  • Blocage nerveux, acupuncture, neurochirurgie;
  • Veillez très consciencieusement à ce que la personne reçoive ses médicaments antidouleur aux heures prescrites! Il faut de 30 à 45 minutes (ou une heure dans le cas des opioïdes) pour que ces médicaments fassent effet;
  • Alignez bien son corps avec des coussins;
  • Suivez bien les techniques pour tourner et soulever la personne;
  • Soulagez ses douleurs par le toucher;
  • Veillez à ce que tout soit calme autour d’elle;
  • Maintenez une température confortable; donnez‑lui des couvertures chaudes ou ouvrez une fenêtre au besoin.

Mythes au sujet de la gestion de la douleur

Mythe : Les médicaments antidouleur, surtout les opioïdes, entraînent la toxicomanie. 

Réalité : La dépendance physique est une réaction physiologique naturelle à toute longue thérapie par les opioïdes. Si l’on cesse d’administrer l’opioïde ou que l’on en réduit considérablement la dose, la personne souffrira de symptômes de privation. D’un autre côté, la toxicomanie est une réaction pathologique due à la consommation anormale de drogues pour en tirer des effets psychiques. Les patients atteints d’une maladie incurable dont on soigne la douleur à long terme avec des opioïdes ne deviennent que très rarement toxicomanes.

Mythe : Les gens s’habituent rapidement aux antidouleurs, alors au bout d’un certain temps, ces médicaments ne les aident plus.

Réalité : Les gens peuvent prendre des antidouleurs toutes les quatre heures pendant un an sans devoir augmenter la dose; cependant, l’évolution de leur maladie risque d’intensifier la douleur, voilà pourquoi il faut augmenter la dose. Il est très rare qu’un patient développe une forte tolérance à un antidouleur; l’augmentation de la dose est due à l’évolution de la maladie.

Mythe : L’analgésie opiacée (à ne pas confondre avec le Tylenol et autres médicaments) produit des hallucinations.

Réalité : Un pour cent seulement des patients a des hallucinations. Lorsqu’ils commencent à prendre des opioïdes, les patients ont parfois des hallucinations, mais cet effet secondaire ne dure que de 24 à 72 heures, puis il disparaît. Les hallucinations sont un signe de neurotoxicité. Si la dose initiale est trop élevée et que la personne ne tolère pas cette dose, elle souffrira de toxicité. Il faut toujours commencer par une petite dose, que l’on augmentera petit à petit.

 

1. Lisez cette situation fictive.

Mme V. a 70 ans. On vient de diagnostiquer chez elle un cancer du sein de phase 4. Elle a besoin qu’on l’aide à préparer ses repas et à faire sa toilette. Pendant votre visite aujourd’hui, Mme V. parle moins que d’habitude. Elle a l’air malheureuse, mais elle vous dit que tout va bien. Vous remarquez qu’elle fait des grimaces pendant sa douche et quand vous bougez son bras droit en l’aidant à s’habiller. Vous lui demandez si elle a mal, mais elle répond à peine. Mme V. a rendez-vous chez son médecin demain après-midi.

2. En quoi un tableau des douleurs comme celui‑ci aiderait‑il la personne?
3. Que pourriez-vous faire d’autre pour aider Mme à gérer cette douleur?

Regardez de nouveau la liste des techniques ci‑dessus.

 

Utilisez ces autres ressources pour approfondir vos connaissances sur la douleur et sur les façons de la gérer.

Les personnes en fin de vie devraient subir régulièrement une évaluation de la douleur par une infirmière ou par un médecin. Ces professionnels de la santé disposent de plusieurs instruments pour évaluer la douleur que les gens ressentent.

Gestion de la douleur et journal de la douleur – Action Cancer Ontario
http://www.uhn.ca/PatientsFamilies/Health_Information/Health_Topics/Documents/How_to_Manage_Pain_cco.pd

Soulagement de la douleur ─ Société canadienne du cancer-
https://www.cancer.ca/~/media/cancer.ca/CW/publications/Pain%20relief/Pain-relief-EN.pdf

Évaluation de votre douleur
http://www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information/diagnosis-and-treatment/pain/assessing-your-pain/?region=bc

Les établissements de soins palliatifs locaux et les programmes de soins communautaires offrent d’excellentes ressources. Adressez-vous au bureau local de votre RLISS.